Suite des aventures de nos apprentis écrivains de 2GATL et 2GT7
Troisième et dernier épisode : quelques textes et une dernière bande sonore :
Dans cette troisième partie, vous découvrirez des portraits, des souvenirs, et des impressions
colorées. Vous vous souhaitons une belle écoute et nous remercions tous les élèves qui ont
participé, ainsi que le lycée et les collègues qui nous ont apporté leur soutien. Le projet final a
été présenté lors de la journée de restitution d’Art en Art organisée par Marion Gautier, le
vendredi 27 mars en présence de l’artiste Christophe Fouvel et de Stéphanie Collignon d’ALCA.
Barbara Moutard, Erika Bourciquot et Martine Juré pour les équipes pédagogiques.

Quelques impressions d’élèves :
Au cours des différentes séances, nous avons écrit des textes sur nous, comme sur les autres,
en essayant de mettre des mots sur nos émotions. Ce n’était pas toujours facile de trouver
l’inspiration, mais grâce aux conseils avisés de nos encadrants, nous avons mis sur papier nos
idées. Nous avons corrigé nos textes, et les avons travaillés avec Christophe Fourvel pour les
améliorer. On nous a ensuite demandé de choisir notre texte préféré pour la suite du projet.
Avec Mmes Moutard, Bourciquot et Juré, nous avons fait un travail de lecture à voix haute de
certains textes pour notre objectif final : l’enregistrement d’un podcast. Nous espérons que vous
trouverez du plaisir à nous entendre.
Merci pour ces moments d’écriture.
Au début nous appréhendions, car nous n’avons pas l’habitude de travailler dans ces
conditions. Mais Christophe nous a vite mis à l’aise.

Les élèves de 2GT7
Merci beaucoup de nous avoir fait partager des moments d’écriture. C’était trop bien.
J’ai aimé raconter des choses que je ne dis à personne.
Libérateur !
Merci beaucoup pour cette expérience qui nous a fait découvrir un univers différent.
Ecrire m’a permis de me remémorer de bons souvenirs.
Les élèves de 2GATL
Quelques textes :
« Souvenirs »
J’ai huit ans, je suis dans le multivan T5 Volkswagen gris de ma maman. Ce multivan fonctionne selon
son humeur et n’apprécie pas trop les nuits glacées. Ce van qui nous emmène en voyage, dans lequel
on dort, on mange, on chante. Mes plus belles vacances se sont passées en sa compagnie et celle de
ma mère. L’hiver 2018, j’étais encore dans ma chaise roulante qui me portait tous les jours sans exception. Mon vieux fauteuil me transportait du matin au soir sous la pluie et sous le beau temps. Un matin de froid où il tombait de multiples flocons blancs scintillants, j’étais dans ce fameux multivan cabossé en compagnie de ma mère et de ma grand-mère qui débattaient sur la misère du monde, et moi pendant ce temps j’étais à l’arrière, loin de ces réflexions difficiles ; je regardais par la fenêtre, je rêvais de pouvoir toucher et faire une bataille de boules de neige mais hélas avec le char qui me transporte cela était compliqué. Ma grand-mère voyant mon envie de plonger dans ce nuage de paillettes de glace, demande à ma mère de s’arrêter sur le bas-côté. Une fois descendue à l’aide de ma famille et de mon moyen de locomotion, ma grand-mère vient catapulter un missile fait avec de la neige tout droit sur moi et mon chariot. Je saisis à mon tour toute la neige qui est à ma portée et lui lance, puis s’engage une véritable bataille glacée. Ma mère ne participe pas à notre troisième guerre mondiale car elle est allergique au froid, je la plains ! C’est un souvenir merveilleux car j’étais en compagnie des personnes que j’aimais le plus ; même si j’étais handicapée, j’avais réussi à m’amuser. Ce moment rempli de bonheur reste et restera gravé dans mon cœur.
Deux ans plus tard, j’ai dix ans, je suis débarrassée de ma charrette, je vis ma vie comme une personne normale.
Manon
« Le vert »
Je n’ai honnêtement pas compris le principe de préférer une couleur à une autre, ce n’est pas faute
d’avoir poussé la réflexion. Chacune est indispensable et se complète car l’important n’est pas l’unité
mais les intervalles entre elles. Ce qu’il faut donc retenir c’est la pluralité chromatique, c’est pour cela
que j’aime chaque couleur de la même façon. Il faudrait penser à achever cette introduction et passer au
sujet : prenons le vert. Pourquoi ? un garçon en face de moi avait un pull vert.
J’aime le vert car c’est la couleur de la forêt.
J’aime le vert car il s’accorde bien avec mes cheveux châtains.
J’aime le vert car il y en a un zeste dans les yeux de ma copine, peut-être qu’il n’y en a pas, que je l’ai
inventé, mais il rend le tout harmonieux.
J’aime le vert car c’est la couleur des fruits qui ne sont pas encore mûrs.
J’aime le vert, c’est la deuxième couleur la plus présente sur le globe terrestre.
J’aime le vert car c’est la couleur du bonhomme qui nous permet d’avancer au feu rouge.
J’aime le vert car après avoir été recouvert d’algues, l’étang derrière la maison de mon arrière grand-
mère était vert.
J’aime le vert car c’est la couleur de la chemise des éclaireurs.
J’aime le vert car je le perçois à travers les photos du vide spatial.
J’aime le vert car il fait le milieu du spectre lumineux.
J’aime le vert car il n’a pas l’hypocrisie de s’accorder avec l’ orange, l’ami de son ami rouge.
J’aime le vert, en le distordant au maximum, on obtient du rouge.
J’aime le vert car il a l’amabilité de toujours être là dans ma vie.
J’aime le vert, comme toutes les couleurs quand elles se mélangent.
J’aime le vert, aussi parce que je ne l’aime pas.
J’aime le vert car au fond je n’ai pas trouvé de raisons de l’aimer.
Aurel
J’ai avec moi une boîte secrète. Une boîte qui ne me quitte jamais. Elle est bleue mais pas n’importe
quel bleu. C’est exactement le bleu de la mer quand le soleil tape l’été. Quand on la prend dans ses
mains, on sent une odeur de bois musquée, quelque chose qui me rappelle un fruit d’été. Dans le coin
gauche, il y a le dessin d’un visage : le visage d’une femme souriante. Et dans ses yeux, se reflète une
montagne enneigée. Mais ce n’est pas n’importe quelle montagne, c’est celle où nous sommes allées
skier toutes les trois l’hiver dernier. Et au milieu de cette montagne, on aperçoit trois silhouettes, c’est
nous, en train de rigoler assises dans la neige. Dans le coin droit de la boîte, c’est le coin des rêves. Il
efface les choses que je n’aime pas comme les choux de Bruxelles et les Mathématiques puis la pluie.
Les choses que je n’aime pas, elles disparaissent dans la gueule d’animaux sauvages. Il y a là des
lynxs, et des serpents, puis un tigre. Et dans leurs yeux, on voit se refléter le visage des gens que j’aime
comme ma famille, mes amies, mon chat. Au milieu, est écrite la phrase que je voudrais leur dire : “je
vous aime”. Cette boîte, elle est précieuse parce que sa marqueterie est unique. Jamais vous n’en
verrez de semblables. Elle a été fabriquée à Saintes, au lycée Bernard Palissy, le mardi 16 décembre 2025.
Mélina